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    Colloque Camus

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    Colloque Camus et les vertiges du sacré

    Du 20 octobre 2016 au 21 octobre 2016

    illustration du Colloque Camus et les vertiges du sacré

    Jeudi 20 octobre : Université d’Angers, Maison de la Recherche Germaine Tillion
    Vendredi 21 octobre 2016 : Université catholique de l’Ouest, Bâtiment Jeanneteau

    En définissant le numineux par l’alliance de la terreur et du sens révérenciel du mystère, Rudolf Otto mettait l’accent sur l’ambivalence constitutive du sacré. Cette ambivalence se retrouve chez Camus : l’esprit de révolte réplique à l’idée d’un écrasement de l’homme par des forces qui le débordent, mais l’œuvre n’ignore pas la fascination de ce débordement, même si le discours qui l’accompagne le maintient résolument hors de la sphère du surnaturel. À première lecture, il semble que le rejet du sacré et de sa puissance d’écrasement se concentre dans la critique de l’esprit religieux et de ses transferts dans la sphère politique, tandis qu’une ivresse aux tonalités sacrées trouve pour terrain d’élection le chant de l’extase cosmique. La sacralisation du politique, autrement dit, susciterait une transcendance illusoire mais incarnée dans les figures bien réelles du césarisme et génératrice de dévouements aveugles et sanglants ; la sacralisation panthéiste des ivresses cosmiques cristalliserait en revanche les aspects bénéfiques d’une dilatation de l’être dans la lumière, qui participe de cette recherche constante de l’unité.

    À bien y regarder cependant, la distinction entre un sacré pervers et un sacré dynamisant est plus complexe, contestant leur distribution en des sphères nettement délimitées. Camus n’ignore certes pas la grandeur ni la fécondité du don de soi, sacrificiel, à une cause et surtout à une communauté combattante, pas plus qu’il n’édulcore la violence brutale qui traverse l’accord aux forces cosmiques et les abandons euphoriques à la vie, l’ « affreuse et adorable vie » du Premier Homme. De surcroît, il semble que du sacré lui-même jaillisse le sens de la limite, le principe de mesure qui contrecarrent ses propres égarements : aux fureurs politiques et terroristes, la terreur révérencielle du sang versé oppose des interdits puissants, laissant entendre que la victoire de l’esprit de mesure est à chercher du côté d’un assainissement ou d’une réorientation du sens du sacré, plutôt que de son étouffement. Et il est assez visible que cette réorientation prend pour horizon un respect de l’homme qui attire de façon frappante le vocabulaire et les images du sacré lorsqu’il ose se nommer amour – dans l’approche, en particulier, du mystère douloureux de la figure maternelle.  Au-delà (ou à cause) de cette figure tutélaire, chaque vie humaine semble revêtir un caractère sacré qui ne paraît pas négociable.

    C’est donc l’articulation complexe et évolutive, au fil de l’œuvre, des représentations positives et négatives du sacré qu’il conviendra d’examiner.

    Pour télécharger l’affiche du colloque

    Pour télécharger le programme détaillé du colloque

    Contacts
    • Carole Auroy (UA) : carole.auroy @ univ-angers.fr
    • Anne Prouteau (UCO) : anne.prouteau @ uco.fr