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    Actes des journées Pierre Michon

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    Actes des Journées Pierre Michon (2014 et 2015)

    L'écriture du sacré dans l'œuvre de Pierre Michon

    De 2014 à 2017, le CERIEC organise des rencontres consacrées à l’écriture du sacré dans l’œuvre de Pierre Michon. Deux journées d'études, dont les actes sont publiés ici même, ont eu lieu le 9 avril 2014 et  le 16 juin 2015 (voir l’argumentaire). 

    Un colloque, réunissant le CERIEC, le Cellf 19-21 (Paris-Sorbonne) et l’équipe Écriture de la modernité de l’UMR THALIM (Sorbonne-Nouvelle), viendra clôturer ce cycle en 2017.

     

    À l’évidence, Pierre Michon éprouve une certaine fascination pour le sacré sous ses différentes formes. Les premiers temps d’un christianisme fruste, sur fond de paganisme ou d’hérésie, sont mis en scène dans L’Empereur d’Occident (1989), Mythologies d’hiver (1997) ou encore Abbés (2002), tandis que La Grande Beune fait appel à une forme de sacré archaïque. Cette thématique ne se limite cependant pas aux quelques textes cités. Le sacré chez Pierre Michon semble en effet être le lieu privilégié où trouve à se dire, sous une forme souvent violente, l’affrontement éternel de l’homme à la transcendance : il y a toujours tension entre le sacré et sa négation, entre la verticalité absolue de la transcendance et l’horizontalité souvent mouvante, désenchantée, d’un monde trop humain. Chez cet auteur se disant athée – mais jamais sans une hésitation –, le sacré est présent sous les espèces du christianisme, et plus particulièrement du catholicisme : ses images et ses dogmes (résurrection de la chair, corps glorieux, relations entre le Père et le Fils, etc.) nourrissent l’imaginaire michonien, tandis que la Bible figure une source d’inspiration importante. Mais un sacré plus cruel, dont le paradigme serait incarné par le panthéon aztèque, hante également l’œuvre de Michon.

    Thématique, le rôle du sacré semble aussi poétique, en ce qu’il représente – de l’aveu même de Michon – une sorte de moteur pour l’écriture. Il a en effet à voir avec la profération de la parole, avec l’essence même de la littérature, et son vocabulaire sert à « faire rebondir la littérature occidentale » : « Ce n’est pas le sens de ces concepts qui est important, c’est le fait que par leur profération, par leur aspiration vide, ils relancent les mots-forces, en amplifient la résonance, décuplent leur puissance émotionnelle1. » Par certains aspects, les textes sacrés apparaissent comme des modèles pour l’écriture.

    Réunis le 9 avril 2014 pour une première journée, les participants ont principalement exploré la face claire du sacré, suivant deux directions. Le rapport de l’œuvre de Michon à la Bible, ou plus largement aux textes sacrés, a fait l’objet de plusieurs communications qui se sont attachées à mettre en évidence les lieux bibliques vers lesquels Michon se tourne avec prédilection (les livres de Rois ; l’histoire de Booz et de Ruth, via Victor Hugo ; l’épisode de la Transfiguration), mettant en évidence un Michon re-traducteur (Gaël Prigent), voire exégète (Agnès Castiglione). Cette intertextualité a une influence poétique : la transfiguration est probablement l’un des horizons de l’écriture de Michon (Hervé Menou), tandis que la Bible peut être perçue comme un modèle énonciatif (Gaël Prigent). Par ailleurs, certains textes, comme Abbés, relèvent d’une écriture de la « verticalité » et de la superposition, où Michon reconnaît le mode propre à la Bible (Marie-Ève Benoteau). La deuxième dimension envisagée ressortit à l’exploration du sentiment du sacré dans ses rapports avec la littérature. Plusieurs communications ont pointé le caractère problématique du sentiment du sacré, entre vacillement (Maxime Aillaud), doute et vouloir (Sylvie Vignes), en confrontant les discours que tient Pierre Michon en entretiens avec ce qu’il met en scène dans son œuvre. Questionner le sacré, c’est également s’intéresser à sa pertinence comme modèle pour penser la littérature (Aude Bonord, Agnès Castiglione).

    La journée de juin 2015 a, quant à elle, été consacrée à la face sombre du sacré, à sa collusion avec la violence des pulsions et des forces cosmiques. La présence d’un tel sacré chez Pierre Michon est évidente, que l’on pense à La Grande Beune, aux Onze, ou encore aux nombreuses allusions au panthéon aztèque qui parsèment l’œuvre et les entretiens.

    Les articles publiés ci-dessous le sont à titre provisoire, dans l’attente de la publication finale qui réunira les travaux des deux journées d’étude et du colloque. Ils ont vocation à servir de documents de travail pour les chercheurs impliqués dans cette entreprise.

     Articles réunis par Marie-Eve Benoteau-Alexandre

     

    Première journée (9 avril 2014)

     

    Gaël Prigent : Pierre Michon, lecteur de l’Ancien Testament


    Aude Bonord : Les deux corps du roi. Les mythologies d’auteur de Pierre Michon


    Marie-Ève Benoteau-Alexandre : Figures d’Abbés : herméneutique et stylistique


    Agnès Castiglione : "Le ciel est un très grand homme" - Booz endormi, Bible et poésie


    **Maxime Aillaud : "Ce qui se joue sous des cieux vides" : le sentiment du sacré chez Pierre Michon (en attente)


    Sylvie Vignes : Pierre Michon et le "désir de prodige"

    **Hervé Menou : Figuration et transfiguration de l'écriture de Pierre Michon (en attente)

     

    Deuxième journée (16 juin 2015)

     

    Agnès Castiglione : Les Aztèques de Pierre Michon

    Denis Labouret : Pierre Michon, les monstres et le monstrueux

    Jean-Paul Pilorget : Sainteté et sacré archaïque : le saint et le failli

    Anne-Marie Picard : La Grande Beune : le féminin de la mère à tuer... ou à écrire

    Gaël Prigent : Pierre Michon ou « la proximité des chairs souffrantes »

     


     

    1 « Je ne suis pas ce que j’écris » [propos publiés dans Scherzo, n° 5, oct. 1998], Le Roi vient quand il veut,Albin Michel, 2007, rééd. Livre de Poche, 2010, p. 182.