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Centre d'Étude et de Recherche sur Imaginaire, Écritures et Cultures


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    Colloque SATOR

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    Du 8 avril 2015 au 9 avril 2015

    Colloque SATOR - Natura in fabula. Topiques romanesques de l’environnement

    Colloque organisé par Isabelle Trivisani-Moreau (CERIEC) et Philippe Postel (L'AMO).

    Universités d'Angers et de Nantes

     

    Programme du colloque

    Mercredi 8 avril

    9h. Accueil et introduction

    9h30-11h10. La place de l’homme dans la nature

    Nicolas CORREARD (Univ. Nantes), Quand le singe descendait de l’homme : Swift, Tyson et les orangs-outans

    Pierre CARBONI (Univ. Nantes), Topique de l’horreur naturelle et du tremendum sacré dans certains épisodes narratifs et descriptifs des Saisons de Thomson

    Jean-Pierre DUBOST (Univ. Clermont-Ferrand), Écosystèmes hédonistes des Lumières

    Cécile BROCHARD (Univ. Nantes), « Le grand Pan n’est pas mort ». La vision de la nature dans les romans de Marguerite Yourcenar

    11h10-11h35. Discussion et pause

    11h35-12h25. La nature comme dynamique 1

    Alain MONTANDON (Univ. Clermont-Ferrand), Le rôle des saisons chez Goethe

    Yvon LE SCANFF (Univ. Paris III), Senancour et le roman naturel

    12h25-35. Discussion

     

    12h40. Déjeuner

     

    14h-14h50. La nature comme dynamique 2

    Nicolas MAUGHAN (AMU), L’esclave et le marais dans les Voyages Extraordinaires de Jules Verne : analyse socio-écologique d’un couple homme/nature emblématique

    Marie CAZABAN-MAZEROLLES (Univ. Poitiers), Ceci n'est pas un paysage : poétique postdarwinienne du paysage (London, Golding, Vonnegut)

    14h50-15h. Discussion

    15h-16h15.Voyages et utopies

    Éric MÉCHOULAN, (Univ. Montréal, Canada), Métamorphose et nature chez Cyrano de Bergerac

    Isabelle TRIVISANI-MOREAU (Univ. Angers), Les dessous de la terre dans quelques utopies narratives

    Mohamed OULED ALLA (Univ. Hassan II Casablanca, Maroc), La nature dans les écrits utopiques de Rétif de la Bretonne (1734-1806)

    16h15-16h35. Discussion et pause

    16h35-17h50. Le roman sentimental et ses mutations

    Paul PELCKMANS (Univ. Anvers, Belgique), La nature comme Rohrschach. À propos de quelques instantanés de Mme de Souza.

    Philippe POSTEL (Univ. Nantes), Topiques du jardin dans le roman sentimental

    Jean-François BIANCO (Univ. Angers), Perversion et imagination : la place de la nature dans deux romans de Révéroni Saint-Cyr

    17h50-18h15. Discussion

     

    Jeudi 9 Avril

     

    9h-10h40. Usages des codes

    Chantal LIAROUTZOS (Univ. Paris VII), Les trois topographies dans Les Illustrations de Gaule et singularitez de Troye (première édition 1511) de Jean Lemaire de Belges

    Sandra CONTAMINA (Univ. Angers), De l’usage décalé des lieux topiques pour un retour vers la nature. Errance dans le paysage littéraire espagnol du Moyen Âge au Siècle d’Or

    Yen Mai TRAN-GERVAT(Univ. Paris III), Des topoï paysagers en traduction : le cas de la première partie de Don Quichotte (1605) et de ses premières traductions anglaises (Shelton, 1612) et française (Oudin, 1614)

    Marie MIANOWSKI (Univ. Nantes), Le paysage irlandais contemporain dans The Devil I Know de Claire Kilroy

    10h40-11h10. Discussion et pause

    11h10-12h. Le sauvage en question 1

    Loren GONZALEZ(Univ. Toulouse), Du locus ferus au scriptorium : la forêt comme lieu d’élection du geste poétique, de la Vita Merlini au roman de Merlin en prose

    Catherine GALLOUËT(Willliam Smith college. Geneva New York, USA), Les espaces sauvages des romans du XVIIIe siècle

    12h-12h15. Discussion

     

    12h20. Déjeuner

     

    13h45-14h35. Le sauvage en question 2

    Claudia FRASSON (Univ. Venise, Italie), La représentation de la montagne dans les romans français entre les dernières décennies du XVIIIe siècle et les premières années du XIXe

    Madeleine JEAY (Univ. Mac Master, Canada), Mer, montagne, forêt : explorations à la recherche de topoi narratifs

    14h-35-14h45. Discussion

    14h45-16h25. Itinéraires

    Marta TEXEIRA ANACLETO (Univ. Coïmbra, Portugal), Personnages bucoliques en quête d’identité : entre le « bois obscur » et le « gracieux dédale » au XVIIe siècle

    Max VERNET (Queen’s Univ Kingston Ontario, Canada), Cosmologie, écologie. Les rapports de l’individu et de son milieu dans une nouvelle de Jean-Pierre Camus

    Judith SRIBNAI (UQAM, Canada), « Sur la route » : quelques connaissances de la nature au XVIIe siècle

    Taïna TUHKUNEN (Univ. Angers), Au cœur ténébreux d’une éco-randonnée littéraire entre la Laponie et la Tasmanie : Oiseau de Malheur de Johanna Sinisalo

    16h25-17h00. Discussion et pause

    17h. Assemblée Générale de la SATOR

     

    Pour télécharger le programme du colloque

    ***

    Argumentaire : À l’heure du Nature writing et du développement de l’écocritique, il est tentant de relier la production des romans faisant référence aux rapports complexes de l’homme et de la nature aux profondes évolutions environnementales que connaît notre œkoumène depuis l’ère de l’industrialisation : l’accroissement du nombre des écofictions, qui ne sauraient être limitées au domaine anglophone, serait ainsi lié à la crise environnementale que nous traversons.

    Pour autant cette situation de crise, favorable à la production d’un certain type de romans -dont les formes sont en fait relativement variées-, ne saurait rendre compte de toutes les productions romanesques qui, dans le cours des siècles, témoignent d’un rapport au monde clairement identifiable. D’ailleurs la crise environnementale que connaît le monde contemporain n’est pas unique dans l’Histoire : d’autres crises (catastrophes naturelles ou pas, événements climatiques, comme le petit âge glaciaire avec ses pics et ses conséquences sur la vie quotidienne) intervenant dans des domaines extralittéraires ont pu recevoir dans le passé des traductions dans le domaine littéraire de la fiction. La notion de « sentiment de la nature », souvent utilisée pour évoquer, particulièrement au XVIIIe siècle, un accroissement de la conscience de la nature à travers les œuvres littéraires qui s’épanouit à l’ère romantique, montre d’ailleurs qu’il n’est pas forcément besoin de crise pour justifier l’entrée dans les fictions littéraires de cette préoccupation environnementale : la fréquence du locus amoenus, récurrent dans la littérature médiévale et largement repris par la suite, induit des situations qui témoignent d’une approche souvent euphorique de la nature ; de façon plus neutre, ce sont parfois les phénomènes naturels dont la connaissance scientifique s’accroît au fil des siècles, qui, d’une manière ou d’une autre, font leur entrée dans la fiction.

    C’est sur cette question de la nature que se penchera le XXIXe colloque de la SATOR. S’arrêter sur la question de la nature dans le roman devrait permettre, conformément à l’angle de l’analyse topique qui fait le propre des travaux conduits depuis plusieurs années par la SATOR, d’envisager quelles situations narratives enclenche la prise en compte de la nature dans l’élaboration romanesque. Il conviendra pour cela d’évaluer ce degré de prise en compte : la nature peut n’être parfois qu’un simple cadre, mais même à un degré aussi limité, n’est-elle pas à l’origine d’une scénographie qui lui serait propre ? À un degré plus élevé, quelle conscience de la nature se fait jour à travers les romans ? Dans la recherche des topoï narratifs que l’on peut construire autour du thème de la nature, on pourra orienter les recherches dans des directions variées : au delà de l’identification de ce qui se passe dans la nature, on cherchera à repérer des textes dans lesquels l’homme agit sur la nature ou lui accorde un rôle prépondérant sans oublier les cas où la nature devient elle-même actrice. L’animation de la nature est une des formes vers lesquelles peut déboucher le concept de natura naturans qu’on oppose ordinairement à celui de natura naturata. À travers les différentes périodes envisagées, on cherchera à cerner les récurrences, les variations et l’évolution d’une topique environnementale tant dans la littérature française que, dans une perspective comparatiste.

    Sans exclusive, les communications pourront privilégier les entrées suivantes :

    1. les lieux topiques de la nature, qu’ils s’agissent de lieux de la nature proprement dite ou de lieux aménagés : forêt, montagne, campagne, jardin, parc, mais aussi des espaces plus urbains et organisés dans la mesure où, avec ou sans figement, ils indiquent des usages de la nature et une certaine façon d’habiter le monde.

    2. les personnages qui portent une conscience spécifique de la nature : amoureux en quête de secret et de solitude, exilés regrettant une forme de rapport au monde et s’efforçant d’en reconstruire un autre plus ou moins ressemblant, ermites fuyant le tumulte des cours et des villes, voyageurs découvrant des espaces différents de leurs lieux d’origine. On s’arrêtera particulièrement sur les personnages déplacés, au sens d’abord spatial du terme, en s’intéressant au décentrement que peut induire leur regard ou leur comportement à l’égard de la conception du rapport homme/nature.

    3. les formes de l’œuvre romanesque. Par exemple, l’usage du récit-cadre semble propice à une intégration, au moins au premier niveau des œuvres, de l’espace naturel : est-ce une simple commodité de cadre ou un véritable discours peut-il se lire à travers les œuvres et les époques utilisant cette forme ? Dans le même esprit, qu’en est-il du recours à l’espace dans l’allégorie ? Quels sont, sur le plan de l’usage et de l’approche de la nature, les apports du voisinage que le roman peut entretenir avec des formes narratives non fictionnelles comme le voyage ?

    4. les discours sociaux, philosophiques ou politiques qui sous-tendent certains romans. On pense aux voyages imaginaires dont font partie les allégories ou les romans utopiques : ces derniers prônent souvent un retour à de valeurs plus proches de la nature et proposent, pour y parvenir, un réagencement de l’espace et des pratiques qui amène à combiner nature et raison. Mais il existe aussi, au sein des romans, bien des situations de conversation abordant, dans une optique de comparaison, les mérites de la ville et ceux de la campagne. L’alternative est en effet un moyen, à travers les œuvres, de poser la question environnementale : ville/campagne, sauvage/civilisé, locus amoenus / locus terribilis, retraite/vie dans le monde…

     

    Philippe Postel, Université de Nantes philippe.roger.pierre.postel @ gmail.com

    Isabelle Trivisani-Moreau, Université d’Angers Isabelle.Trivisani @ univ-angers.fr